Je vais être très honnête : je suis incapable d’être objective lorsqu’il s’agit du Château de La Rivière.
Pour moi, c’est tout simplement le plus beau château du Bordelais. Pas seulement un beau domaine viticole, pas seulement une jolie façade pour les photos. Non. Un vrai château. Celui que l’on aurait dessiné si l’on avait dû imaginer, enfant, à quoi ressemblait la vie dans les vignes : des tours, une forêt, la Dordogne en contrebas, des caves immenses sous la roche et cette impression, assez rare à Bordeaux, que tout peut arriver une fois que l’on a passé le portail.
Je le connais depuis le début de ma carrière. Cela fait donc une bonne vingtaine d’années que je le regarde vivre, évoluer, accueillir des visiteurs, des concerts, des familles, des bouteilles et des histoires. Alors forcément, lorsque j’y suis retournée il y a quelques jours pour un dîner de presse, à l’occasion du nouveau chapitre qui s’ouvre pour la propriété, je ne suis pas arrivée tout à fait comme dans un domaine inconnu.
Je suis arrivée avec mes souvenirs.
Château de La Rivière : des souvenirs bien au-delà du vin
Au début de ma carrière, j’ai eu la chance de rencontrer James Grégoire, qui a longtemps été propriétaire du Château de La Rivière. Un homme extraordinaire, profondément marquant, dont la disparition tragique en 2013 avait bouleversé beaucoup de monde dans le vignoble bordelais.
Je ne vais pas prétendre raconter son histoire mieux que ceux qui l’ont côtoyé au quotidien. Mais quand on a connu un lieu à cette époque, quand on y a vu son propriétaire parler de son château avec autant de passion, il reste forcément quelque chose. Une présence. Une manière de regarder les murs, les jardins et les bouteilles autrement.
Et puis il y a eu toutes les autres fois.
Les scènes d’été en Gironde, par exemple. Je garde un souvenir très joyeux de celui de Thomas Dutronc, en 2019, avec mes parents, dans ce décor complètement fou. Il y avait quelque chose de très simple et de très beau à se retrouver là, dans ce château que l’on connaît d’habitude pour ses dégustations et ses visites, avec de la musique, des gens partout et cette sensation que les grands lieux peuvent aussi être légers.

Il y a eu aussi la Forêt Magique de Bordeaux. Mes meilleurs amis y avaient installé leur aventure familiale et féerique, dans les bois du domaine. Pendant quelque temps, le Château de La Rivière est devenu un peu plus qu’un château : un terrain de jeu, un monde imaginaire, un endroit où l’on emmenait les enfants (petits et grands) vivre une parenthèse magique.


Franchement, peu de propriétés peuvent dire qu’elles ont été, dans une même vie, le décor de concerts, d’une aventure magique dans la forêt, de visites de caves souterraines et de dégustations !
Sous le château, un autre monde
Et puis il y a les caves.
Même quand je sais à quoi m’attendre, je suis toujours impressionnée par les carrières souterraines du Château de La Rivière. Huit hectares de galeries creusées dans le calcaire, une température constante, une humidité naturelle, une source qui traverse la roche… On a presque l’impression d’entrer dans un autre monde.

C’est le genre d’endroit où l’on baisse instinctivement un peu la voix. Pas parce qu’il faut être solennel, mais parce que le lieu impose quelque chose. Ces caves sont immenses, presque démesurées, et pourtant elles ne donnent jamais une sensation froide. Elles racontent très bien ce qu’est le Château de La Rivière : spectaculaire, oui, mais jamais seulement décoratif.
C’est d’ailleurs aussi ce qui explique son succès œnotouristique. Le domaine accueille plus de 20 000 visiteurs par an, et ce depuis bien longtemps. Ici, le vin a toujours été une porte d’entrée vers autre chose : l’histoire, le patrimoine, la nature, les événements, les souvenirs que l’on se crée ensemble.

Un nouveau chapitre à écrire
Depuis l’été 2025, le Château de La Rivière appartient à Global Food Investments, géré par le groupe Signet. Un changement important, forcément, pour une propriété aussi emblématique.
À sa tête, Sébastien Long porte aujourd’hui l’ambition de préserver ce qui fait l’âme du domaine tout en lui donnant un nouvel élan. La feuille de route est claire : investir dans le vignoble et le chai, affiner l’identité des vins, développer encore l’accueil et faire rayonner davantage le château, en France comme à l’international.
Ce qui me plaît, c’est que l’idée ne semble pas être de transformer le lieu en quelque chose qu’il n’est pas. Le Château de La Rivière a déjà une personnalité immense. Il n’a pas besoin qu’on lui invente une histoire. Il faut plutôt continuer à la raconter, lui permettre d’accueillir encore plus de monde et, surtout, d’aller au bout de son potentiel.
L’arrivée de Thomas Duclos comme œnologue-conseil s’inscrit dans cette dynamique. Son travail autour de la précision, de l’équilibre et de l’expression des terroirs devrait permettre de pousser encore plus loin ce que le domaine a déjà de très beau à raconter dans le verre.
Des Fronsac que j’aime retrouver à table
Parce qu’au-delà du château, il y a les vins. Et je crois que c’est important de le dire : je prends toujours beaucoup de plaisir à boire les vins du Château de La Rivière.
J’aime ces Fronsac qui ont de la profondeur sans être lourds. Des vins qui ont de la matière, bien sûr, mais aussi de la finesse, de la fraîcheur et cette capacité à vraiment vivre à table. On est sur des merlots majoritaires, accompagnés notamment de cabernet franc, avec des terroirs calcaires et argilo-calcaires qui apportent de l’équilibre et de l’élan.
Lors du dîner, j’ai retrouvé cette délicatesse que j’apprécie tant dans les vins du domaine. Des bouteilles qui ne cherchent pas à impressionner à tout prix. Elles sont là, elles prennent leur place, elles accompagnent la conversation et le repas. Et c’est précisément ce que j’attends d’un vin.
On parle souvent de Fronsac comme de l’alternative maligne de la rive droite. C’est vrai, sans doute. Mais j’aimerais surtout qu’on le regarde pour ce qu’il est : une appellation capable de donner des vins profondément bordelais, avec beaucoup de personnalité et, dans les belles propriétés, une élégance assez formidable.
Un château où l’on peut revenir encore et encore
Le Château de La Rivière prépare aujourd’hui de nouveaux projets : des visites toujours plus immersives, des expériences à vivre sur place et la possibilité de dormir au château. Et, honnêtement, cela lui va très bien.
Parce que ce château n’est pas un lieu que l’on coche sur une liste. C’est un endroit où l’on a envie de revenir. Pour visiter les caves une première fois ou une quatrième. Pour goûter un nouveau millésime. Pour assister à un concert. Pour faire découvrir le lieu à des amis. Pour emmener des enfants dans la forêt. Ou juste pour se rappeler que le vignoble bordelais peut encore réserver de très belles surprises.
Le Château de La Rivière a connu beaucoup de vies. Il en commence une nouvelle.
Et moi, je serai très heureuse de continuer à suivre ses aventures.

Château de La Rivière : l’essentiel
Situé à La Rivière, près de Libourne, le Château de La Rivière est un domaine viticole de l’appellation Fronsac. La propriété domine la Dordogne et s’étend sur 100 hectares, dont environ 50 hectares de vignoble. Elle est notamment connue pour ses huit hectares de carrières souterraines creusées dans le calcaire et pour son offre œnotouristique, développée depuis 1927.
Depuis juillet 2025, le château est dirigé par Sébastien Long. Thomas Duclos y intervient comme œnologue-conseil afin d’accompagner le travail de précision autour des différents terroirs du domaine.
+ d’infos et réservations : https://www.chateau-de-la-riviere.com/
FAQ
Où se situe le Château de La Rivière ?
Le Château de La Rivière se situe dans la commune de La Rivière, dans le Libournais, au cœur de l’appellation Fronsac, sur la rive droite de Bordeaux.
Pourquoi visiter le Château de La Rivière ?
Le domaine est connu pour son château Renaissance, ses caves souterraines creusées dans le calcaire, ses vins de Fronsac et ses expériences œnotouristiques.
Quels vins produit le Château de La Rivière ?
Le domaine produit principalement des vins rouges en appellation Fronsac, élaborés autour du merlot, complété notamment par du cabernet franc, du malbec et du cabernet-sauvignon.
