Dégustation de vins des Côtes de Bourg lors du salon professionnel Magnum Tasting, organisé par des étudiants en école de commerce à Bordeaux.

Pour ceux qui ne le savent pas, il se trouve que dans mon quotidien professionnel, je suis également intervenante professionnelle en école supérieure de commerce et de communication.
Et chaque année, j’ai la chance d’accompagner des étudiants à ce moment charnière où l’on quitte la théorie pour entrer dans le réel.

Cette année, dans ce cadre-là, j’ai eu le plaisir de coacher les étudiants de 3e année du Magnum Institute autour d’un projet ambitieux et très concret : organiser un salon professionnel du vin, en partenariat avec une appellation.

Le brief était clair.
Exigeant aussi.

-> Une quinzaine de vignerons invités.
-> Plus d’une trentaine de professionnels de la filière — cavistes, restaurateurs, négociants.
-> Un objectif assumé : créer de vraies opportunités commerciales.
-> Et un salon organisé au sein même de l’école, pour faire dialoguer formation et terrain.

Le résultat ?
Objectif atteint.

15 vignerons présents.
Une trentaine de professionnels au rendez-vous.
Des dégustations, des échanges, des cartes de visite… et surtout, des liens qui se créent.

Pourquoi les Côtes de Bourg

Choisir l’appellation partenaire n’était pas un hasard.

Les Côtes de Bourg, c’est une vieille histoire entre cette appellation et moi.
J’ai beaucoup travaillé avec cette appellation depuis le début de ma carrière. J’y ai construit des projets, tissé des liens très forts, partagé du terrain.
Un attachement sincère, profond.
J’y ai même été intronisée en 2014, comme un clin d’œil symbolique à cette relation de long terme.

C’était donc une évidence de proposer les Côtes de Bourg aux étudiants pour incarner ce salon.

Les Côtes de Bourg, un territoire vivant

Situées sur la rive droite de Bordeaux, les Côtes de Bourg regardent l’estuaire de la Gironde.
Et cette présence change tout.

Les paysages sont vallonnés, les sols majoritairement argilo-calcaires, parfois mêlés de graves.
L’estuaire joue son rôle de régulateur naturel : il apporte fraîcheur, lumière, douceur climatique, et imprime une signature très particulière aux vins.

Mais au-delà du terroir, les Côtes de Bourg sont avant tout une appellation de vignerons.
Des propriétés familiales, des caves coopératives historiques, des domaines confidentiels ou plus installés.
Une mosaïque de profils, de générations, de sensibilités, réunies par une même envie : faire parler leur territoire sans le lisser.

Cépages, tempérament et énergie

Les cépages racontent Bordeaux, mais avec un accent bien à elles : merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc et malbec.
Quatre piliers qui composent des assemblages à la fois accessibles et structurés, capables de donner du plaisir jeune comme de belles évolutions dans le temps.

Le malbec joue ici un rôle essentiel.
Il apporte cette touche épicée, ce relief, cette vibration un peu plus sombre et plus libre qui signe de nombreux vins de l’appellation.
Un caractère affirmé, jamais brutal, qui dialogue avec la fraîcheur du merlot et la structure des cabernets.

Ce côté épicé, punchy, presque nerveux parfois, ne vient pas seulement du cépage.
Il vient aussi du dynamisme des vignerons, de leurs choix, de leur envie de faire parler le terroir sans le lisser.
Des vins à l’image de celles et ceux qui les font : sincères, vivants, avec du tempérament.

Et les blancs, de plus en plus présents

On l’oublie parfois, mais les Côtes de Bourg signent aussi de très beaux vins blancs.
Encore confidentiels, mais de plus en plus assumés.

À base principalement de sauvignon blanc, sémillon et parfois colombard, ces blancs jouent la carte de la fraîcheur, de la tension et de l’éclat aromatique.
L’influence de l’estuaire se fait sentir là aussi : une luminosité particulière, une vivacité naturelle, une sensation de droiture qui rend les vins très digestes.

Ce sont des blancs de plaisir immédiat, mais jamais simplistes.
Des vins pensés pour la table, pour l’apéritif, pour accompagner une cuisine de saison.
Et surtout, des blancs portés par la même énergie que les rouges : celle de vignerons curieux, qui expérimentent, affinent, osent.

Paroles de vignerons de Côtes de Bourg

Pour ce salon, j’ai pris le temps d’aller à la rencontre des vignerons, micro en main, avec une seule envie :
leur laisser la place.

Pas pour parler technique.
Mais pour parler ressenti, plaisir, vision, avenir.

Côtes de Bourg, en une image

Pour l’un, les Côtes de Bourg, ce sont les reflets de l’estuaire, cette lumière douce qui accroche le calcaire et raconte le terroir avant même la dégustation.
Pour un autre, c’est une ambivalence assumée : des vins accessibles, immédiats, et d’autres capables de profondeur, portés par des bâtiments anciens et une nouvelle génération de vignerons.

Chez plusieurs, le mot famille revient comme une évidence.
Des propriétés transmises depuis plusieurs générations, un travail collectif, une manière de recevoir qui ne triche pas.

Le vin, ce qu’il doit provoquer

À la question « Quand quelqu’un boit ton vin, qu’est-ce que tu aimerais qu’il ressente ? », les réponses sont étonnamment simples.

L’envie d’en reprendre.
La joie.
Le bonheur.
Le partage.

Un vigneron me glisse, sourire en coin :

« Si on a envie de finir la bouteille, c’est déjà gagné. »

Un autre parle de décomplexer le dégustateur, de lui rappeler qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais palais, seulement des émotions personnelles.
La fameuse madeleine de Proust, intime, impossible à dicter.

Transmission et avenir

Quand la discussion glisse vers l’avenir, les discours deviennent plus graves, mais jamais résignés.

On parle de remise en question, de nouveaux modèles, de reconquête.
Et surtout, de jeunesse.

« Restez curieux. »
« Poussez les portes, en vrai. »
« Le vin est un trésor vivant. »

Des mots directs.
Parfois rugueux.
Mais profondément sincères.

Quand les étudiants deviennent interlocuteurs

Le Magnum Tasting n’était pas une vitrine figée.
C’était un lieu d’échange.

Les étudiants questionnaient.
Les vignerons répondaient, puis questionnaient à leur tour.
On parlait de marchés, de goûts, d’image, de contraintes, d’avenir.

Beaucoup de vignerons l’ont dit très simplement : être là, c’était rester connecté.
À une nouvelle génération.
À la manière dont le vin est perçu, dégusté, raconté aujourd’hui.

Un salon qui fait du bien à la filière

Dans une période où la filière vin traverse des turbulences profondes — économiques, sociétales, culturelles — ce type d’initiative fait franchement du bien.
Parce qu’elle remet du lien là où il y a parfois de la défiance.
Parce qu’elle remet du dialogue là où le vin est trop souvent résumé à des chiffres, des volumes ou des crises.

Voir des étudiants s’emparer du sujet, organiser, inviter, accueillir, écouter… c’est rassurant.
Les voir échanger d’égal à égal avec des vignerons, poser des questions concrètes, parler marchés, goûts, image, avenir… c’est même essentiel.

Ce genre de salon ne sauvera pas la filière à lui seul.
Mais il participe à quelque chose de fondamental :
-> recréer des passerelles,
-> redonner envie,
-> reconstruire une confiance mutuelle entre celles et ceux qui font le vin et celles et ceux qui le vendront, le prescriront, le raconteront demain.

Et dans une appellation comme les Côtes de Bourg — profondément humaine, collective, attachée à la transmission — cette démarche prend encore plus de sens.

Ce que je retiens

En quittant le Magnum Tasting, je me suis dit que les Côtes de Bourg avaient tout pour l’avenir.
Des terroirs.
Des vignerons engagés.
Et des étudiants qui ont mis les mains dedans, pour de vrai.

Ce jour-là, le vin ne se racontait pas au passé.
Il se construisait, au présent, avec celles et ceux qui le feront demain.

Un grand merci à Didier Gontier, aux 15 domaines présents :

Château Belair Coubet
Château de Lidonne
Château de Cagnac
Château BruleSécaille
Château Tour de Guiet
Cave Alliance Bourg
Château La Tuilière
Château Le Clos du Notaire
Château Haut Mousseau
Château Le Piat
Château Les Graves de Viaud-La Colombine
Château Moulin de la Marzelle
Château Mondésir-Gazin
Château Labadie
Château Le Sablard

Et surtout aux 15 étudiants du Magnum Institute : Noham, Celia, Emilien, Alexis, Ulysse, Elsa, Herleva, Vincent, Matteo, Amelie, Audea, Mathilde, Zoe, Louna et Eva !

Merci à Magnum Intistute et son équipe, notamment Isabelle, Sara et Bénédicte pour cette très belle initiative et votre confiance.

Charlotte

Passionnée de vin et de communication, j’ai lancé Les Itinéraires de Charlotte en 2009 pour proposer un regard frais sur l’œnotourisme. Thématiques originales, adresses insolites, événements grand public… Pendant six ans, j’ai multiplié les projets pour rendre le vin plus accessible et vivant.
Puis l’aventure a pris d’autres formes : rédactrice en chef d'un média spécialisé, experte en communication digitale, journaliste et intervenante professionnelle... autant de façons d’explorer et de transmettre ma passion.

Aujourd’hui, l’appel de l’indépendance et du terrain est trop fort : Les Itinéraires de Charlotte renaît, plus libre que jamais, prêt à raconter le vin autrement.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.