À l’approche de la Saint-Valentin, l’envie était grande de choisir une quille qui a du sens. Et du caractère. Pas question ici de sombrer dans la mièvrerie dégoulinante ni de s’encombrer de clichés sucrés. Allons droit au but. Parlons franchement. Parlons de La Galoche.
On oublie donc les pétales de rose sur le lit, les bouquets rouge passion, les emballages pastel et les déclarations trop lisses. On oublie même le mot « rose », tant qu’à faire. Exit les bijoux en forme de cœur (vraiment), les peluches assorties et les chocolats calibrés. À la place, on se concentre sur ce qui compte vraiment : les plaisirs de la chair, servis par un vin du Beaujolais au nom délicieusement évocateur.
Un domaine de tempérament
Depuis trois générations, la famille Saint-Cyr cultive une vision exigeante de la vigne. Aujourd’hui, Raphaël Saint-Cyr mène le domaine avec une énergie communicative, résolument tourné vers les vins naturels. Ici, pas d’artifice ni de maquillage œnologique : les vins sont sincères, précis, intensément fruités, et parlent sans détour de leur terroir.
Au Domaine Saint-Cyr, le respect du vivant n’est pas un argument marketing mais une ligne de conduite. Travail des sols réfléchi, taille respectueuse des flux de sève, retour du cheval dans les vignes pour éviter le tassement des sols, polyculture en réintroduction… tout concourt à recréer un écosystème équilibré et durable. La vigne respire, la faune reprend sa place, et le vin gagne en justesse.
Les vinifications, elles, sont naturelles, sans intrants. La macération carbonique, chère au Beaujolais d’antan, est ici maîtrisée avec finesse : des raisins entiers, froids, délicatement préservés, pour respecter au plus près la matière première et l’expression du terroir.
La Galoche, sans détour
La Galoche, c’est un 100 % Gamay issu de vignes de 40 ans, exposées sud-est sur des sols argilo-calcaires. Les rendements sont sages (45 hl/ha), la sélection manuelle rigoureuse. Après une macération carbonique à froid d’environ quinze jours, la fermentation se fait grâce aux levures indigènes, sans pied de cuve. L’élevage, en cuve béton pendant six mois, affine le vin sans le contraindre. Un léger sulfitage à la mise, pas de filtration. Rien de plus.
Dans le verre, le vin affiche une fraîcheur éclatante. Le nez explose sur des arômes francs de cerise et de framboise, relevés de subtiles notes florales. En bouche, il joue la carte de la légèreté assumée : c’est juteux, vif, gourmand, porté par une trame fraîche et des tanins souples, parfaitement intégrés. La texture est soyeuse, la finale nette, désaltérante, terriblement engageante.
Et puis il y a cette évidence. Cette sensation immédiate, presque charnelle. Comme une galoche bien placée : spontanée, joyeuse, un peu effrontée, mais furieusement mémorable.
Un vin à partager sans chichis, sans protocole, mais avec envie.
Parce que finalement, les plus belles déclarations passent parfois par un verre bien choisi.
